dimanche 18 mars 2012

Nous autres, les sobres. - Aymerick

La question que l'on est en droit de se poser après Nietzsche est : qu'adviendra-t-il du règne amoral à long terme ?
Cette question, qui transgresse toutes les préventions d'usage – à savoir postuler une représentation objective dans ce qui ne peut solliciter que l'imagination -, a toutefois le mérite de mettre à l'épreuve de nos certitudes la définition que nous nous faisons de l'homme.
L'homme, cette bête qui se domestique elle-même, en reproduisant en son propre sein la prédation qui ne vaut ailleurs qu'entre espèces différentes, à l'exception notable des animaux les moins enviés de la création : les blattes, les rats, la vermine somme toute, - cet homme-là, que deviendra-t-il maintenant qu'il s'est libéré de tout impératif moral, que l'impératif moral est lui-même à remettre plus tard car, pour le moment, il s'agit de lui garantir un avenir en employant contre le mal tous les maux possibles ? Homme moderne, au sens plein du terme, dans l'islamiste, l'identitaire, le révolutionnaire, le capitaliste, le sioniste : persuadé d'avoir droit de jugement moral, il nous menace, nous et nos libertés les plus sobres, nous, qui avons appris que la vie se termine et qu'alors plus rien ne compte.
Qu'adviendrait-il de nous autres, laissés seuls, sur cette orbe qui seule absorbe le soleil pour la faire prospérer et lui donner une utilité ? Qu'adviendrait-il de nous autres qui, sachant que c'est sans doute le néant qui attend notre conscience, nous ne lui accordons que le mérite de l'instant présent ?

On ne peut répondre à cette question. Une chose est néanmoins certaine : nous n'aurions aucun mal à laisser tomber, et c'est ce que les fanatiques et les éclopés ne font jamais... Ils ne peuvent se permettre ce luxe des luxes, le luxe en vue duquel tous les autres luxes se sont jusqu'ici forgés au prix de milliers d'esclaves, d'ouvriers crève-la-dalle, de génocidés politiques et économiques : celui de pouvoir enfin laisser tomber sans être dérangés par quelque stimulation extérieure que l'on nomme la douleur.

Et ça mes très chers amis, ça n'a pas de prix.

vendredi 16 mars 2012

Les Nichons - Penn d'Otu

Au Nord c’étaient les nichons
L’affaire valait du pognon
L’7ème ciel c’était l’horizon
Les femmes, des mineures au fond.

Ma mère avec ses implants comme toutes ses semblables
Était super bien mettable
Car mère en midinette en foutait plein les yeux
Pour sûr qu’on n’était pas des gueux
J’apprenais mes leçons, la joue sur ses Wonderbra®
J’crois qu’mère était fière de moi
Ils étaient généreux comme ceux d’ses amies
Et je leur dois ce que je suis

Au Nord c’étaient les nichons
L’affaire valait du pognon
L’7ème ciel c’était l’horizon
Les femmes, des mineures au fond.

Et c’était mon enfance et elle était heureuse
Dans cette ruée des valseuses
Et y avait d’la bière à défaut de champagne
D’ma piaule, j’voyais ses compagnes
Mon père était cocu comme l’étaient ses parents
Ma mère avait besoin d’implants
Et c'étaient des PIP, tu sais ceux qui fuient
Grâce à eux je sais c’que j’essuie

Au Nord c’étaient les nichons
L’affaire valait du pognon
L’7ème ciel c’était l’horizon
Les femmes, des mineures au fond.

Y avait chez maman les jours de tendresse
Une photo de Dame Pécresse
Et chaque micheton palpait les daronnes
Posées sur fond de Silicone
Elles parlaient d’2006 et d’leurs 400 coups
D’l’affaire Mas et puis d’tout et tout
Elles aimaient leurs turbins comm’leurs p’tits amis
C'est avec elles que j'ai compris

Qu'au Nord c’étaient les nichons
Qu’l’affaire valait du pognon
Qu’l’7ème ciel c’était l’horizon
Qu’les femmes, qu’des mineures au fond.
Qu’l’7ème ciel c’était l’horizon
Qu’les femmes, qu’des mineures au fond.

jeudi 15 mars 2012

Message d'accueil - Aymerick, au nom de ses confrères - et du sien !

La Gazette de Nouvelle-France est une affreuse revue, affreuse. Elle colporte la mauvaise parole, celle qui ne flatte personne, mais n'insulte pas non plus pour compenser cette terrible tare. Cette revue est un passe-temps, un exutoire, une catharsis, choisissez l'excuse qui vous arrangera le mieux avec ce que vous vous apprêtez à lire, pour ne pas vous sentir trop coupable de parfois en rire, plutôt que d'acquiescer plus explicitement à nos suggestions. Les temps sont difficiles, on le sait : il serait trop bête de se fâcher avec son amour, ses amis, ses collègues, mieux vaut laisser retomber sur l'idée tordue, noire, mais qui sans complexe s'avouant se rachète de tout soupçon d'être malsaine, la chape de plomb de la grande attente de la mort. Après tout, qu'y a-t-il de si passionnant à un univers constitué d'une infinité de réalités pour lui sacrifier le plaisir d'une énième soirée de "détente" ? La Gazette de Nouvelle-France se prend malheureusement au sérieux, mais un sérieux si confiant qu'il rit de tout, même de sa confiance. Je vous le disais, une revue affreuse, que même la critique rend joyeuse, non parce qu'elle est bienveillante, mais parce que sa méchanceté, sa fierté hautaine, lui font désirer les petits présomptueux qui souhaiteraient lui faire part de quelque objection. Cette revue est affreuse, mauvaise lecture. Nous serons à disposition de toutes vos insultes, trolleries et autres réjouissances haineuses en tant que non-modérateurs, alors gâtez-nous. Il n'existe qu'une instance sacrée au sein de cette infime rédaction que nous constituons : tout peut être dit, pour peu qu'on y mette un peu les formes. On sauve toujours ça du naufrage d'une pensée qui se croit intéressante.

N.B. : nous recrutons.